Equateur

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L'Équateur vu par Wikipédia

La république d’Équateur est un pays d’Amérique latine, à l'ouest de l’Amérique du Sud, entouré par le Pérou au sud et la Colombie au nord. Il a fait partie avec la Colombie, le Venezuela et le Panamá de la Grande Colombie. Il occupe une surface de 283 560 km², soit environ la moitié de la surface de la France et 9 fois la surface de la Belgique. Le nom du pays vient de sa position sur l’Équateur.

La capitale est Quito, mais la plus grande ville est Guayaquil, l’un des ports les plus importants d’Amérique du Sud. Le pays compte 13 360 000 habitants (2005) et est divisé en 22 provinces (îles Galapagos comprises).

Histoire

L’Équateur fut nommé ainsi en Europe, à la suite d’une mission scientifique dirigée par Louis Godin, Charles Marie de La Condamine et Pierre Bouguer au XVIIIe siècle.

Après avoir été dominé dans un premier temps par les Incas puis par les Espagnols, l’Équateur prit son indépendance le 24 mai 1822, au sein de la Grande Colombie, puis en 1830 séparément.

L’histoire du pays est troublée depuis par des périodes d’instabilité politique avec l’instauration régulière de dictatures militaires : 55 dirigeants se sont succédé depuis 1900. Par ailleurs de nombreuses guerres ont opposé le pays au Pérou pendant plus d’un siècle.

En 1990, les indigènes manifestèrent pacifiquement pour la reconnaissance de leurs droits, bloquant le pays en s’asseyant par terre. Le président Borja dut accorder à la confédération des Shuars la propriété de 11 000 km² de territoire en Amazonie, même si au même moment des escarmouches étaient lancées contre les chefs indiens.

Enfin en 2000, à la suite de la dollarisation de l’économie, la population manifesta, bientôt suivie par l’armée, au point de renverser le président Jamil Mahuad.

Politique

Les élections générales du 15 octobre et du 26 novembre 2006 ont donné gagnant Rafael Correa, économiste de gauche avec 56 % des voix au deuxième tour, contre Álvaro Noboa, milliardaire de droite.

Conformément à sa promesse électorale, Correa annonce lors de son investiture la tenue d'un référendum le 18 mars 2007 dans le but d'autoriser la création d'une assemblée nationale constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution. L'objectif de cette nouvelle constitution serait de limiter le rôle des partis politiques.

En avril 2007, 50 députés de droite équatoriens furent limogés pour avoir désavoué par un vote le président de l'autorité électorale l'accusant de n'avoir pas respecté les conditions prévues pour la convocation du référendum du 15 avril, en rendant notamment possible une dissolution du parlement par la constituante.

Mardi 24 avril 2007, un procureur équatorien accusa de "sédition" 24 des 50 députés de droite équatoriens destitués et demandé leurs arrestations. Une quinzaine d'entre eux demandérent l'asile politique à la Colombie.

Subdivisions

L’Équateur est divisé en 22 provinces. Ces provinces ont un gouverneur et un conseil provincial élu par le peuple. Elles sont autonomes par rapport au gouvernement central au niveau économique et social, ainsi que pour l’utilisation des ressources naturelles.

Géographie

Situé en Amérique du Sud, l’Équateur comprend 4 régions fort distinctes :

  • La Costa (côte) est une région côtière chaude et humide. Elle forme une plaine longue de 800 km, s’étalant des versants de la cordillère des Andes jusqu’à l’océan Pacifique.
  • La Sierra est une région de la cordillère des Andes présentant deux chaînes parallèles de plusieurs volcans de plus de 5 000 m. Le plus haut est le Chimborazo (6 310 m), mais le plus majestueux est le Cotopaxi (5 897 m). L’altitude moyenne du haut plateau andin est d’environ 2 500 m. La région s’étend sur 600 km depuis la plaine de Pasto jusqu’au massif de Loja. Les précipitations sont faibles et les températures moyennes.
  • L’Oriente (Amazonie) est une région peu accessible, peu peuplée, sillonnée de différents affluents du fleuve Amazone (dont le Napo). Cette région au climat extrêmement chaud et humide ne connaît qu’une seule saison. Cette région représente la moitié de la superficie totale du pays.
  • Les Îles Galápagos sont un archipel considéré comme patrimoine de l'humanité pour la diversité de ses espèces. L'origine des îles est volcanique.

Frontières terrestres

  • 1 420 km avec le Pérou
  • 590 km avec la Colombie

Volcans importants

  • Chimborazo (6 310 m)
  • Cotopaxi (5 897 m) le troisième plus haut volcan actif du monde
  • Cayambe (5 785 m) situé sur la ligne équatoriale
  • Tungurahua (5 023 m)
  • Guagua Pichincha (4 784 m) le volcan qui surplombe Quito

Catastrophes naturelles

Comme tous les pays andins, lesquels sont près de la zone d'affrontement d'une plaque continentale (celle d'Amérique du Sud) et d'une plaque océanique (celle du Pacifique), l'Equateur est victime de tremblements de terre et d'éruptions volcaniques. Parmi les tremblements de terre récents, on peut signaler celui du 5 mars 1987. De magnitude 7.0 sur l'échelle de Richter, il détruisit une partie de la route Quito-Lago Agrio, renforçant ainsi pendant plusieurs mois l'isolement de la province de l'Oriente. Il emporta une partie du pipe-line transportant le pétrole brut des stations de pompage de l'Oriente vers la raffinerie d'Esmeraldas. On suppose que plusieurs centaines de personnes vivants dans des vallées encaissées de la Cordillère est ont péri lors de ce tremblement de terre.

Économie

L’économie exportatrice de l’Équateur repose principalement sur trois éléments : la culture de la banane (4ème producteur mondial), le pétrole et le tourisme. On peut noter aussi l'essor de l'exportation des fleurs coupées et de l'huile de palme ,et de leur savoir-faire du célèbre chapeau Panama. L'autosuffisance alimentaire est atteinte sur de nombreux produits de base (en particulier les huiles et graisses alimentaires, dont les équatoriens font une grande consommation par habitant, sont produites en grande quantité par la culture du palmier à huile et du soja). Malgré ceci, le pays connaît une grave crise économique, sa dette extérieure représente 14 milliards de dollars dans les années 2000 et il a besoin de l’aide du FMI pour stabiliser son économie.

Tout ceci est dû à deux fléaux qui ont ravagé ce pays : la corruption au plus haut niveau de l’État et la dollarisation de l’économie par Jamil Mahuad en 2000. Le président Lucio Gutiérrez avait été élu sur un programme comprenant des actions pour résorber cette dette, pour relancer l’économie afin d’éviter que l’Équateur ne devienne une nouvelle Argentine, toujours avec l’aide contraignante du FMI.

Démographie

La population équatorienne est divisée en quatre groupes ethniques. Les métis sont de loin ceux qui ont le plus de poids démographique parmi toutes les ethnies équatoriennes, et constituent plus de 65 % de la population actuelle. Les amérindiens sont la deuxième ethnie avec une représentation démographique aux alentours de 25 %. Les européens et créoles, les descendants directs des colonisateurs espagnols, ne représentent que 7 % de la population. La minorité ayant la plus faible représentation sont les afro-équatoriens (les Mulatos et les Zambos) qui ne sont que 3 %.

D'autres groupes ethniques sont aussi représentés en Équateur. Des chinois venus dans le pays au XIXème siècle participer à la construction des deux voies ferrées reliant Quito à Guayaquil d'une part et Quito à San Lorenzo via Ibarra d'autre part. Aujourd'hui beaucoup de leurs descendants ont ouvert des restaurants chinois appelés Chifas ou des épiceries. À Guayaquil nombre de commerçants sont d'origine coréenne ou libanaise. Trois fils de cette communauté libanaise ont d'ailleurs accédé à des fonctions politiques importantes : Abdala Bucaram Ortiz dit "el Loco" ancien maire de Guayaquil et président de la République en 1996, Jamil Mahuad, ancien maire de Quito et président de la République de 1998 à 2000, Alberto Dahik Garzozzi, ancien vice-président de Sixto Duran Ballen de 1992 à 1995.

L'Équateur compte aussi des petites communautés japonaises, allemandes, suisses allemandes, françaises et italiennes. La population équatorienne est actuellement d’un peu plus de 13 millions d'habitants. Elle est par ailleurs très jeune puisque l’âge moyen est de 22,5 ans alors que l’espérance de vie est de 71 ans.

Culture

L’Équateur est un pays très catholique et évangélique, où l'on parle l’espagnol et des langues amérindiennes (comme le quechua ou le shuar). Un certain contraste apparaît entre la culture de la région de la Costa et celle de la Sierra.

L'heure équatorienne symbolise le manque de ponctualité des équatoriens dont les rendez vous peuvent dériver de 1, 2 ou 3 heures et contre laquelle le pays à lancé une campagne en octobre 2003.

Modèle:Méta lien portail

L'équateur vu par Philippe

Vous vous souvenez quand philippe a passé quelques mois dans ces contrées lointaines ? En fouillant un peu, voici ce que l'on a retrouvé... Il s'agit de textes et d'images d'archives... vos compléments sont les bienvenus !

23.11.2005 | Hola de Quito!

Salut à tous!

Un petit mot pour vous dire que je suis bien arrivé à Quito! Je vis à l'équatorienne chez une famille fort sympathique, je me régale de frappés et de jus de fruits locaux et suis tous les matins des cours intensifs d'espagnol. En bref, ça me plait bien!  :-)

Pour le moment, mes connaissances de l'Equateur se limitent au Nord de Quito. J'attends un peu pour vous en dire plus!

A bientôt,

Philippe.

23.12.2005 | Noël en Equateur

¡Holà compañeras y compañeros!

J’espère que vous allez tous pour le mieux, que vous avez pu mettre fin aux différents travaux sans trop de sueur, et que vous abordez ces fêtes la tête fraîche et les idées claires! En tout cas, je pense bien à vous depuis ma retraite lointaine et vous souris depuis là-bas!

Ça fait plus d’un mois que je suis arrivé et je n’ai pas vu le temps passé. Les trois premières semaines à Quito m’ont permis de bien me mettre dans l’ambiance. C’était bien d’apprendre l’espagnol dans un contexte latinoaméricain, avec des méthodes et des textes qui se rapportent à la culture d’ici, comme aux différents grands personnages équatoriens ou à la fin de l’Empire Inca en Equateur. C’était un bonne introduction au pays!

J’ai vécu pendant ce temps avec une famille au nord de Quito, dans le quartier dit de Cotocollao. C’est une ville au trafic intense, à la pollution parfois suffocante et qui a une caractéristique bruyante: l’aéroport au milieu de la ville. Ainsi, il n’est pas rare de devoir se boucher les oreilles au passage d’un avion cent mètres au-dessus de sa tête ou de se réveiller le matin au doux vrombissement d’un appareil d’Air Galapagos. J’en ai fait l’expérience, vivant comme beaucoup de Quiteños dans l’axe de décollage des avions! Cependant, Quito est aussi l’une des capitales latinoaméricaines les plus agréables, à la vieille ville coloniale très bien conservée et à la nature visible de tout point. Quito est en effet établie dans une vallée surplombée de volcans. La ville est assez étroite, mais il faut deux heures pour la parcourir en bus du nord au sud! Par temps clair s’élève au loin au sud la silhouette du Cotopaxi, volcan enneigé au cône parfait culminant à 5897m. C’est ma vue préférée. C’est une montagne imposante, à la blancheur éclatante au soleil. La ville elle-même est située à 2850 mètres d’altitude! Mais elle n’en donne pas l’impression, car le paysage n’a rien à voir avec notre cher Valais à pareille altitude! Il y pousse palmiers, cactus et la végétation monte jusqu´à 4500m...

Je vis maintenant à Latacunga, à 80 km au sud de Quito, et travaille à Saquisili, un village à 20 minutes en bus. Les deux sont situées sur un étroit plateau entre deux cordillères de la Sierra andine. Si l’on passe celle à l’Ouest, on arrive rapidement à la Costa, région à la végétation tropicale qui descend gentilment vers le Pacifique. Et si l’on franchit la cordillère à l’est, on parvient dans la jungle amazonienne. Latacunga se trouve d’ailleurs déjà dans le bassin de l’Amazone…

Ainsi ici, c’est une autre ambiance de Noël. Ambiance sèche, couleur beige du paysage, routes poussiéreuses, température le jour d’environ vingt degrés toute l’année, un orage parfois en fin d’après-midi… Mais un paysage d’une beauté spectaculaire, couronnés de volcans aux cimes enneigées, parsemé des maisons des communautés indigènes, de vallons encaissés… C’est dans cet environnement que je vais travailler quatre mois, dans le PDA de Saquisili (Proyecto de Desarrollo de Area = projet de développement de la région de Saquisili). L'ambiance y est très sympathique. Le projet a été lancé il y a quelques années par Vision Mundial (ou World Vision), organisation auprès de laquelle je fais mon stage, et travaille avec 18 communautés indigènes quichuas. Vision Mundial est à la base une organisation de parrainage d’enfant. Le concept de PDA est né du fait que le meilleur moyen d’aider les enfants de manière durable est de développer toute la communauté et de préserver l’environnem ent qui les entoure. C’est ainsi que le projet inclut les volets santé, éducation et environnement, volet pour lequel je vais plus spécifiquement me consacrer. Ce qui n’empêche pas que tout le monde va travailler ensemble en des occasions particulières: cette semaine, nous avons tous participé à l’élaboration et à la distribution aux enfants parrainés des cornets de Noël, remplis de biscuits, bonbons et chocolats… L’occasion pour moi de découvrir plusieurs communautés.

Là aussi, c’est une autre ambiance de Noël, une ambiance de Noël très simple, ou le cornet de biscuit constitue souvent le seul cadeau, dans un environnement rural où les gens ont juste de quoi manger et assurer leurs besoins basiques. Un environnement qui pousse les enfants à venir quemander un peu d’argent pour Noël à Quito, Latacunga ou le long de la Panaméricaine… Impossible pour les parents de suivre l’évolution commerciale de la fête. Ici, beaucoup de gens n’aiment pas vraiment Noël…

C’est donc dans cet environnement que je vais passer les fêtes! Le 25 au soir, nous devrions partir cinq jours avec mes hôtes de Latacunga retrouver de la famille dans l’Oriente, au commencement de la jungle amazonienne. Suite au prochain numéro!

Joyeux Noël et bonnes vacances,

Philippe.

04.02.2006 | Cinq jours chez les Quichuas.

Alli puncha con todos!

Imanallatac canqui? Pour le mieux j’espère ! Voici quelques nouvelles !

Ici en Equateur, tout continue à bien se passer. Nous commençons maintenant les projets de reforestation et d’agriculture écologique, projet pour lequel je suis monté vivre pendant cinq jours avec une famille Quichua dans la communauté de Jatun Era. Je m’enfonce chaque jour un peu plus dans la culture et la vie de la région… Ça me plaît toujours énormément. Je ne m’ennuie pas.

J’ai passé cinq jours magnifiques chez les Indigènes. Un retour à une vie simple de campagne, à 3700 mètres d’altitude. Une vie où la seule source de chaleur est le feu sur lequel on cuisine. Où la journée commence en amenant les moutons en haut sur le páramo et se termine par la descente dans l’enclos. Une vie où il fait froid, où la nourriture se compose de diverses soupes de pommes de terre, une vie de travail ardu, mais où l’esprit communautaire est très présent. L’accueil a été chaleureux ! Bien intégré à la cuisine pour me réchauffer, dans un environnement presque toujours féminin… les hommes travaillant généralement à l’extérieur. Ainsi se sont souvent les femmes qui travaillent dans les champs et qui suivent les projets. A Jatun Era, j’ai beaucoup vécu avec la mère, la fille de 14 ans, la belle-fille, et la petite de cette dernière. Ce qui m’a le plus plu, ça a été accompagné la fille à monter les moutons, les attacher, détacher (dans le páramo, ils sont toujours att acher individuellement à une touffe d’herbe ou à un trou dans la terre !), et voir la vue magnifique sur les cimes andines. Voir combien on peut faire de soupes différentes avec peu d’ingrédients et goûter aux boissons locales, à base de feuilles du jardin ou de céréales… Des journées bien remplies, qui s’achèvent au lit à 8 heures du soir ! J’ai pensé au début profiter de ce temps tranquille pour lire un peu. Mais le froid et la nuit ambiante tire irrésistiblement directement au lit. C’est le rythme naturel des indigènes…

Je suis monté pour suivre la semence des légumes (pour eux la première fois) dans le cadre du projet d’agriculture écologique (permaculture). Il consiste premièrement à construire des terrasses et planter des arbres indigènes. Ceci pour protéger le sol de l’érosion, que ce soit de l’eau ou du vent. Ceci étant fait, les conditions de culture se trouvent bien améliorées, ce qui permet de diversifier grandement la production. Traditionnellement, à cette altitude, celle-ci se limite quasi aux pommes de terre, habas et chochos (sortes de haricots), orge et poireaux. Ce qui donne un régime alimentaire déficient pour les populations indigènes, composé quasi exclusivement de féculents, et un grand risque : il suffit de circonstances adverses, comme un coup de gel ou une maladie pour que la majeure partie de la récolte se trouve détruite. En diversifiant la production, les deux problèmes sont résolus : les gens peuvent varier leur menu, et si par malheur une culture se trouve détruit e, ils peuvent toujours compter sur les autres ! C’est vraiment une alternative pleine d’espoir.

Car en plus des légumes, on pourra cultiver sur les terrasses mûres, fraises (à 3700 m !), diverses herbes pour nourrir les animaux et des plantes médicinales. Sans compter que les arbres entourant les cultures fournissent du bois pour se chauffer, et des branches pour protéger les plantations du gel, de la sécheresse et des oiseaux. Sur les terrasses, tout l’engrais est organique, issu des cuyes (cochons d’Inde) et lapins, ou composé de déchets végétaux ou d’humus fabriqué par les vers de terre dans un enclos spécial (ce qui s’appelle de la lombriculture pour être précis!). En bref, l’agriculture écologique est une véritable symbiose. Tout s’utilise et tout est utile pour tout !

Et tout le travail se fait en communauté (mingas) ! En l’occurrence, une personne de chaque famille concernée par le projet venait chaque jour aider aux semences chez les autres, donnant ainsi un groupe de quinze personnes ! Ce type de travail est typique de l’esprit indigène. Pour eux, l’harmonie de la communauté est primordiale…

Bientôt nous allons commencé le travail dans le páramo, cette végétation des crêtes qui est la source d’eau de la région. Je me réjouis, c’est un environnement magnifique. Coloré par les femmes indigènes de la minga !

Shucta puncha cama, que les vaya bien,

Philippe

17.03.2006 | Dans le nord du pays

Salut à tous!

J’ai entendu parler de votre excursion au Luxembourg! Vu d’ici, ça me paraît presque exotique! Je me réjouis beaucoup de vous retrouver et de voir les photos! Bon, il va falloir patienter en tout cas jusqu’à fin juillet…  :-)

Là, je sors de vacances forcées pendant quatre jours. Toutes les routes ont en effet été bloquées, en particulier la Panaméricaine, seul axe de transport Nord-Sud de la Sierra, rendant impossible de sortir de la ville! C’est de cette manière que les gens protestent ici: murs de terre, barrières de feu, arbres en travers de la route… A Quito lundi, je me suis fait prendre par le “paro” en rentrant. Résultat: près d’une heure et demie de marche sur la Panaméricaine sous les étoiles, au niveau du Cotopaxi, en compagnie de dizaines d’autres Equatoriens cherchant à passer dans les deux sens. Arrivé à l’autre bout du blocus, nous sommes montés sur le pont d’une camionette pour arriver très tard à Latacunga par de petites routes de campagne, la Panaméricaine étant encore fermée plus loin. Et maintenant, depuis avant-hier matin, je profite de ce repos pour faire ce que je n’ai pu faire ces derniers temps et me balader dans les environs!

Ces dernières semaines, j’ai été souvent en route. Premièrement pour faire mon visa de volontaire, pour lequel je suis monté jusqu’en Colombie, à la ville d’Ipiales, juste après la frontière équatorienne, de laquelle je suis rentré bredouille. Je peux maintenant y retourner la semaine prochaine. Je devrais cette fois obtenir le visa, d’une durée d’une année! Ce fut un long chemin, au propre (min.8 heures de bus jusqu’à la frontière) comme au figuré, la bureaucratie étant ici assez pesante…

Ça m’a cependant permis de découvrir le Nord du pays et de rencontrer des gens sympas. Dans la Sierra, la Panaméricaine va quasi tout droit en direction du Nord. Passé Quito, on arrive après deux heures de route à la ville d’Ibarra. On descend ensuite dans la vallée de Chota, une vallée incroyable… On se croirait débarqué en Afrique… La vallée se situe à 1700 mètres d’altitude et jouit d’un climat quasi tropical. Pour cette raison, de nombreux esclaves noirs y ont été envoyé au XVIIIe siècles et aujourd’hui, il ne reste qu’eux! Des villages peuplés exclusivement de Noirs, dans une vallée aux pentes arides mais à la plaine fertile couverte de cannes à sucre… Ambiance chaude, femmes à l’énergie débordante, danseuses sans pareil, particulièrement de la “bomba”, la musique locale, mélange de musique andine, espagnole et africaine, qu’elles savent danser avec une bouteille posées sur la tête! L’une d’elle m’a invité à la “journée de la femme noire”, où j’ai été initié à tout ça. Bon, je ne passais pas vraiment inaperçu, mais c’était pas mal…  :-)

Je suis ensuite monté sur les hauteurs de la Cordillère Occidentale, à environ 4000 mètres, pour traverser le páramo de frailejones dans la camionette du laitier deservant cette zone reculée (c’est plus ou moins le seul véhicule qui s’y rend chaque jour), pour descendre ensuite avec un groupe la vallée du versant côtier, dans la forêt pluviale (et sous la pluie, évidemment…). En deux jours, à pied et à cheval, pour passer à 5 kilomètres de la frontière colombienne et arriver à 1300 mètres. Ça fait un sacré contraste!

Bon, maintenant que le blocus est levé, il ne me reste plus qu'à aller travailler! Merci à ceux qui m’ont envoyé des nouvelles et, pour les plus muets d’entre vous, je me réjouis d’en recevoir!  :-)

A+

Philippe.

PS: si quelqu’un désirait par hasard m’envoyer une carte postale, du fromage, une lettre parfumée…  :-) voici mon adresse:

Visión Mundial Ecuador
Philippe Reymond (pasante PDA Saquisilí)
Av. Gaspar de Villarroel E3-62, entre Jorge Drom y Londres
Casilla: 17-03-40
QUITO
Ecuador


25.05.2006 | Coca

¡Hola con todos!

La vie continue à passer super rapidement et je trouve maintenant un moment pour écrire, dans la chaleur de Coca…

Il s’est passé mille choses ces derniers temps. Et le plus important: j’ai terminé mon stage dans la Sierra et suis arrivé samedi en Amazonie. Changement radical: ici il fait très chaud et très humide. On colle tout le temps! Mais le tout est d’un exotisme qui me ravit! Je me réjouis de partir à la découverte de la campagne alentour, toute de jungle et de cultures de café, bananes, cacao, oranges, et autres fruits exotiques… Je vous raconterai quand j’en aurai vu plus. Je commence en effet un nouveau stage avec la CORECAF (Corporation Equatorienne de Producteurs de Café). Alors beaucoup de production organique et durable en vue, et pas seulement de café…

Sinon, beaucoup de choses aussi dans la Sierra. Après la visite de mes parents en avril (deux semaines entre Sierra, Amazonie et Galápagos… beaucoup de plaisir!), j’ai déménagé à la Casa Campesina de Pujilí, un village à 20 min en bus de Latacunga. Ma meilleure maison en Equateur. Tenue par une organisation italienne. Beaucoup d’amitié, de mouvement… la vie communautaire, la cuisine italienne… Ça me fait connaître beaucoup de choses. J’y retournerai.

Avant de partir pour l’Amazonie, j’ai pu profiter de monter au sommet du Cotopaxi. 5897 m! Une vue (et une altitude) à couper le souffle! On part à 1h. du matin et on arrive peu après 6h, après avoir vécu tout le lever du soleil. Au sommet se révèlent tous les volcans équatoriens, dont le Tungurahua en éruption. Et le profond cratère du Cotopaxi. Ainsi qu’une mer de brouillard sur le bassin amazonien.

Enfin voilà. C’est toujours un plaisir de vivre en Equateur.

Je vous laisse déjà. Je pars maintenant sur le terrain.

Je me réjouis d’avoir de vos nouvelles!

En pensée depuis l’Orellana, un abrazote, Philippe. :-)


13.08.2006 | De l'Amazonie... à la maison

Hola con todos, salut à tous.

Eh bien oui, toute bonne chose a une fin. Je suis depuis peu de retour au pays. Vous vous en serez doutez de par l’absence de nouvelles, mes derniers temps en Equateur furent bien remplis. Je profite que ce soit encore tout chaud pour vous conter mes dernières découvertes et vous envoyer les dernières photos. Pour ceux qui voudront en savoir plus, vous êtes les bienvenus à la maison…

Tout s’est précipité depuis l’Amazonie… séjour duquel date mon dernier mail, il me semble. Je vous y avais promis de vous en dire un peu plus. Eh bien, tout a continué à rouler (ou à flotter) comme cela avait commencé. Chaque jour, visite d’exploitations. Chez les Quichuas, cela signifie une mosaïque de forêt vierge et d’hectares cultivés. Des kilomètres de marche dans des labyrinthes de chemins. Toujours ponctués par la chicha de yuca (non mastiquée). Et parfois d’une soupe de poisson ou de poule, accompagnée de quantité de banane plantain. Dans une maison sur pieux, au toit de feuilles de palmiers, aux murs de planches, au milieu d’une végétation foisonnante ou émergent parfois quelques bananiers et papayers…

Comme annoncé, beaucoup de café. Beaucoup de cacao aussi. Et beaucoup de pétrole : des tuyaux qui suivent partout les routes, ou les routes qui suivent les tuyaux pour accéder aux puits, ça et là des piscines sauvages, beaucoup d’histoires de fuites et d’eau contaminée… L’environnement paraît souvent idyllique, mais ce n’est plus ce que c’était…

Un grand fleuve aussi : le Napo. Qui file droit vers l’Amazone, au Pérou. Six jours de bateau depuis Coca. J’ai eu l’occasion de passer la frontière péruvienne. Depuis Coca, on peut faire deux heures de route, et puis plus rien. De là, il n’y a que le bateau pour joindre les communautés et villages en aval. 10 heures dans une barque à nonante place, « el turno ». Fait un aller et retour par semaine. Trois rangées de chaises, une pause, des gens qui peuvent monter et descendre à n’importe quel endroit sur les rives, d’autres, des Indigènes, qui abordent parfois en pirogue au milieu du fleuve… En fin de journée, on arrive à Nuevo Rocafuerte, certainement le « bled » (là je crois qu’il n’y a pas d’autre mot) le plus isolé que j’aie jamais vu. De là, après une nuit passée au bord d’un lac amazonien, et l’observation de caïmans et dauphins fluviaux, départ pour le Pérou. Trois heures de plus en pirogue à moteur… On passe la frontière comme de rien. Qu’est-ce qui pourrait bien se passer ici… Si Nuevo Rocafuerte paraît déjà bien loin de Coca, on est à minimum deux jours de bateau d’Iquitos, la première grande ville péruvienne… Et de Lima ?

De retour à Coca, peu avant la fin du stage. Quelques visites de plus, et retour à la Sierra… Pujilí, Saquisilí, Zumbahua, les Italiens… pour peu de temps. Un ami d’Otavalo, une ville plus au Nord, m’invite à l’Inti Raymi, la Fête du Soleil des Quichuas, avec sa famille. Ce furent quelques jours fous, dans ce qui reste de plus authentique de la culture indigène. De la danse toute la nuit, de maison en maison, dans la ville, puis dans la campagne. Nous rentrons au petit matin, les autres continuent pour la semaine. Chicha, eau de vie, maïs… Le jour, les femmes otavalenas et leurs costumes superbes. Fascinant…

Le séjour dans la Sierra fut de courte durée. J’avais en effet prévu avant de quitter le pays un stage de deux semaines à la Costa, la côte Pacifique, en Esmeraldas (« émeraudes »), la province verte du nord-ouest équatorien. Une fois de plus, je suis arrivé dans un autre monde… Ceci dit, il se fait tard pour moi, pour vous la lecture se fait peut-être longue. Je crois que je vais laisser la fin pour la semaine prochaine… Demain, je pars à l’armée. Pour qui aime les contrastes…

Un bon été, ou que vous soyez, Philippe.